30 août 2016

16ème jour, les adieux

GSM1

0h30 locale.
 
Adieu, les hommes !
 
Les adieux furent émouvants (au moins pour moi)…
Il faut se retenir... Ca me fait chier de partir…
 
Je suis à coté du chauffeur de la P4 des F.S.
Avec ses deux mitrailleuses elle est un vrai blindé…
 
Nous roulons à tombeau ouvert…
Les deux servants sont aux aguets derrière leurs lunettes de protection, malgré les violents cahots de cette piste infinie…
 
Encore une vingtaine de kilomètres et je serai à Charikar…
Charikar, où le chemin de ces trois commandos des F.S et le mien se séparera…
 

Charikar, où j’attendrai l’avion ravitailleur pour repartir voir ma petite chérie qui me manque, mes enfants qui me manquent…

 

A moins qu’une place soit prévue sur une ligne régulière…

 
Que puis-je leur dire ? Pour qu’ils aillent en parler dans la cour de récré ?
 
« Papa était en vacances !». Non, ridicule et égoïste…
 
J'ai trouvé : « Ma boîte m’a envoyé faire un audit sur un chantier à l’étranger !». Où ?
« En Pologne »… Non ! Je suis trop bronzé… « Au Caire ! », voila c’est ça, au Caire…
 
Et ma petite Chérinette, amour de ma vie, lui ai-je manqué ? En tout cas je m’imagine déjà dans ses bras… Nous nous dirons des mots d’amour. Nous ferons l’amour…
 
Le temps est long sur cette route malaisée…
14h50 heure locale
 
Beaucoup dormi. L’avion n’attend pas.
Quel magnifique pays
C’est vraiment dommage…

 

Epilogue - mardi 19 août 2008
 
Et bien non, je ne retournerai pas en Afghanistan !
Rue Saint Dominique, l'ambiance était feutrée et moi j'étais fatigué... Sujet : L’embuscade de la veille à l’est de Kaboul…
Explications compliquées et alambiquées, mais dont je ressors l'essentiel que j'ai mis beaucoup de temps à comprendre :
Le ministère de la défense n'a pas voulu appliquer les consignes de survie que j'avais enseignées en avril. L'état-major, a obéi comme un petit toutou.
Vous avez voulu monter une patrouille en coopération avec les F.S. Américaines et Afghanes ??? On voit le résultat !!!
L'embuscade n'est pas le fruit du hasard !!!
Vous êtes espionnés, observés, écoutés. "Ils" savent avant vous quand les gars vont partir !!! Je vous l'ai dit et ça ne vous a pas plu.
Arrêtez de vous comporter comme les ricains. Je sais que c'est voulu par Sarko ! Coopérer avec des gens qui fument et rigolent en pleine mission, alors que 200 paires d'yeux, d'oreilles et de nez sont planqués tout autour...
 
Laissez à l'officier commandant la patrouille la décision de quand et comment il démarre sa patrouille. Et laissez appliquer les consignes de prudence (que je n'énumèrerai pas ici pour raison de secret militaire, mais qui sont marquées au coin du bon sens et par l'expérience de leur efficacité), laissées à la fine fleur de vos sous off et off subalternes des F.S.
"La seule mission importante est de revenir vivant", ai-je dit à cette bande d'emplumés, bons à rien, qu'à obéir à des ordres idiots au nom de l'admiration de Sarko pour l'Amérique.
A l'hôtel de Brienne, ils se passeront de mes conseils à l'avenir. Et je crois que Morin m'a définitivement marqué à l'encre rouge.
C'est vrai aussi, pourquoi ne sais-je pas tenir ma langue comme les autres ?...
Précisément parce qu'on a perdu 10 hommes pour rien !
Je crois que je vais le payer cher. Il faut bien qu'ils vengent leur humiliation sur quelqu'un...

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27 août 2016

14ème et 15ème jours

GSM1

Fort heureusement, nos hommes accompagnés de l’inconnu qui est l’objet de la mission reviennent vers nous sans encombre…
 
Nous repartons alors par le chemin  qui nous a amenés.
Cette fois, nous allons plus vite…
Nous rejoignons la cache et revêtons les treillis Américains. Nous ne somme spas fâchés de reprendre notre armement. Nous enterrons les armes russes.
 
Nous repartons en Afghanistan, avec moins de précaution, puisque l’objectif est atteint et que, non repérés, nous avons peu de chance de tomber dans une embuscade…
 
14ème jour 14h14 (18 avril 2008)
 
  
Tu deviens célèbre, mon ami… Mais tu n’en sauras jamais rien.
Uniforme Russe, beaucoup de rapiéçages, (pauvreté oblige !)
Mais une fierté et une liberté qui devraient nous faire réfléchir et dont nous devrions bien nous inspirer… Beaucoup de réflexions derrière des jumelles...
 
14ème jour 19h05 (18 avril 2008)
 
Zut ! Nez à nez avec des autochtones ?
Non, pas tout à fait ! Disons : Nez à nez par téléobjectif !
Nous allons être obligés d’escalader ces collines par précaution, avec le risque bien sûr d’être repérés par le ciel. Moment périlleux pour notre mission furtive…
 
Nous attendrons la nuit pour franchir ce « piège »…
 
15ème jour 15h30 locales (19 avril 2008)
Le silence satellitaire et radio est levé.
Nous sommes à Gerdi, ville frontière. Nous avons été accueillis et pris en charge par les services Français.
Notre mission est terminée.
 
Après un bon bain, nous avons troqué les treillis US contre nos tenues Françaises.
Cela fait du bien d’être débarrassé de cette crasse, dans des vêtements propres…
 
Aujourd’hui la température est clémente, parce que la couverture nuageuse est importante.
Je vais être transféré à Charikar demain, pour être rapatrié.
Ce sont les dernières heures passées avec ces hommes d’exception.
 
Eux seuls peuvent avoir une action positive sur ce théâtre d’opération. Encore faut-il que les politiques leur donnent des missions d’importance stratégique.
 
Quand aux soldats Français non entrainés, ils sont de bien facile cibles…
J’espère qu’ils ne seront pas exposés, car eux, ne savent pas passer inaperçus…
 
Ils avaient appris à tuer. Je leur ai appris à ne pas se faire tuer. Je n’ai plus rien à leur apprendre. Ils vont maintenant l’enseigner à leur tour.
L’ambiance est animée, on ne fait plus attention à moi. Mais j’observe et je pense que bientôt je vais les quitter.
 
Ils m’oublieront, mais à moi, ils manqueront…
C’est le privilège de la jeunesse, que de ne pas se retourner sur son passé.
 
Puisse Dieu les prendre sous sa sainte garde. N’en déplaise à Sarko…
 
Un jour, je raconterai cette mission. Mais pas pour l’instant… Je ne peux m’exprimer à ce sujet.
 
15ème jour 22h50 locale (19 avril 2008)
 
Nous allons rouler de nuit.
Ils savent que l'on "n'ose" pas le faire. C'est pour ce-la que l'on va le faire !
Et à toute berzingue, encore ! J'éteins, je range et j'y vais...

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11 août 2016

12th to 13th day

GSM1

12ème jour 08h34 (16 avril 2008)

 

A nouveau, coupure satellitaire totale, pour notre nouvelle mission.

Nous la respecterons pendant tout le temps nécessaire à l’opération. (Nous en connaissons la durée planifiée).

 

 

13ème jour (17 avril 2008)

 

Nous photographions au téléobjectif, à leur insu, des unités Françaises en opération sanitaire…

Ils ignoreront tout de notre passage et de notre existence.

Nos hommes jubilent… preuve évidente du succès complet de notre entreprise…

Nous faisons parfois des rencontres sympahiques.

Sympathiques, mais toujours sans nous faire voir.

Bien sûr, cela retarde notre avance, mais cela humanise notre mission et nous fait un peu de distraction (sans pour cela être distraits, il va sans dire…)

 

J’espère à cet instant là, que nous occidentaux, auront la sagesse de ne pas détruire ce tissu économique de vie rurale si vrai et authentique, comme nous l’avons hélas fait sur le continent Africain…

 

 

Une fois les paysans hors de vue nous reprenons le cours de notre parcours en toute sécurité…

 

Nous sommes dans une zone sans autre loi, que celle des chefs de tribus, où, normalement nous n’avons pas à nous aventurer…

Pourquoi ne nous donne-t-on pas de mission pour aller dénicher Ben Laden ?

Nous pourrions nous emparer de lui…. Mais le veut-on vraiment en haut lieu ?

 

Milieu de matinée

Le soleil fait rentrer les têtes à l’ombre des rochers. L’air tremble de chaleur au loin et à chaque instant, on croit deviner une silhouette qui ne vient jamais… Mirage ? Imagination ? On ne sait pas… Mais les guetteurs se fatiguent très vite à de telles conditions d’observation… Ils sont loin, les premiers jours où nous appréciions l’étonnante fraicheur de ce pays continental… Nous dépassons les 42 degrés. Les rations d’eau ne sont utilisées qu’avec les pilules de sel. Je souffre beaucoup de cette température…
Jusqu’ici personne ne nous a suivis et nous sommes certains de ne pas avoir été repérés…
Quel Taliban aurait l’idée saugrenue de penser qu’un soldat Français pourrait se comporter non pas comme un Américain, mais comme un Français ? Toutes les ruses sont bonnes à prendre. Nous ne savons pas encore où ils sont, mais pour la première fois, ils ne savent pas où nous sommes et même, ignorent totalement notre existence en dehors des camps où ils nous imaginent.
D’un coté je suis satisfait de cette dernière mission, satisfait de mettre en œuvre mes théories et content d’être avec une équipe qui m’accorde sa confiance. Ces cinquante trois officiers et sous officiers, sont un honneur pour moi et même si je ne fais que les conseiller, je me sens responsable de leur devenir…
De l’autre coté, je comprends que cette responsabilité est lourde, car il faut qu’à tout moment, je prévienne les incidents pouvant arriver, car je serais directement responsable en cas d’échec. Nous ne sommes pas non plus à l’abri d’un revers de fortune ou de la moindre inattention, qui ruinerait pour toujours les vœux qui ont été formulés en misant sur cette forme de combat…
J’en suis là de mes pensées, lorsque le Colonel en charge du commando arrive avec la souplesse d’un guépard et me touche l’épaule…

 

12h08 locale

Le colonel voudrait que nous poursuivions la progression. Le soleil est à son zénith, il fait chaud, les hommes vont souffrir. Mais les Talibans se cachent aussi de cette chaleur intense. Finalement il est décidé de partir, en respectant mes préconisations…
Nous progressons lentement. Nous évitons toute route, chemin ou sentier autant que faire se peut. Les plaines et vallées ne sont pas non plus recommandables.
Nous empruntons et contrôlons les hauteurs ou les sites boisés. Heureusement je n’ai pas à coltiner de sac à part mon fusil d’assaut AK 47 et des chargeurs. Nous sommes tous armés, équipés et habillés en Moudjahidines. Nos deux interprètes n’en mènent pas large. J’ai fait part au Colonel hier de ma suspicion à leur égard. Toutes les dispositions ont été prises pour les rassurer, ne pas les quitter des yeux et surtout ne pas les laisser s’échapper…
Nous progressons par échelons avec trois éclaireurs en pointe… A chaque fois, au signal, un échelon progresse en courant, courbé, jusqu’au prochain trou ou relief qui l’abritera.
Je sais que le moment est proche où nous aurons contact avec l’adversaire. Tout est à son avantage : Il est chez lui et a mis des sentinelles aux endroits qui vont bien.
Notre seul avantage est qu’il ne s’attend pas à nous voir, alors que nous si, à tout instant. Heureusement que notre mode de progression permet le repos, car ces palpitations que j’aie, je crois qu’elles viennent autant de l’effort, que du trac de cet évènement imminent…
..........

13h57 locale.

Tous à terre ! Le sergent de pointe vient de nous faire ce signe impérieux !
Nous cherchons avec nos jumelles : Les deux falaises à gauche et à droite sont « habitées » chacune par un guetteur. Ils ne nous ont pas repérés.
Le Colonel, le Commandant et moi-même, à l’abri d’un creux du relief, discutons alors de la tactique à suivre. Ils sont hors de portée pour un tir au silencieux. Sans silencieux, nous serons repérés. Si nous essayons de nous rapprocher ou de passer dans la vallée : Pareil !
Conclusion : Nous devons contourner ces deux obstacles. Nous trouverons bien une faille quelque part dans leur dispositif. Les consignes sont données par signes…
Nous décrochons silencieusement et en bon ordre, hors de leur vue. Nous contournons par la droite leur dispositif, car ils s’attendent certainement moins à une infiltration par l’est…
Putain de massif montagneux !… Ça monte, c’est dur, puis ça descend et il faut se retenir pour ne pas être emporté par son poids !...

 

14h23 locale.

Voilà un passage ! Nous nous mettons à nouveau à l’abri ! Deux sentinelles ennemies ont été repérées sur la falaise gauche.
« Il y en a surement sur celle de droite » suggère le Colonel.
« Surement pas ! Regardez ! De celle de gauche, ils contrôlent tout le contrebas de la gorge. De celle de droite, ils ne peuvent rien voir ! Donc il n’y a surement personne !», fais-je remarquer.
« Quelle est votre idée ? »
« D’après vous commandant, de la falaise droite peut-on dégommer les gus sur celle de gauche ? »
« Cent cinquante mètres à tout casser ? Au silencieux : Affirmatif ! », répond le commandant.
La solution est adoptée par le Colonel. Le commandant donne ses ordres…
Pendant que ce promontoire est escaladé par deux sous-offs de la 2ème du 2ème REP, nous avons un peu de repos, ce qui me permet de reprendre mes forces. J’attends fébrilement, le vrai début de notre action.
Le colonel me demande à voix basse si je vais pouvoir courir. Je lui réponds que j’espère que oui, mais je n’en suis pas tout à fait certain à vrai dire…
Soudain, le Commandant pointe son index en haut de la falaise. Un de nos hommes fait signe que la voie est libre…
Fantastique, on n’a rien entendu ! Les Talibans non plus…
Le signal du départ est donné, échelon par échelon, à un rythme effréné… Putain ! J’ai du mal à les suivre ces jeunots !…
Nous nous engouffrons dans l’étroit défilé de ce qui ressemble à un canyon américain, sous couvert des deux snipers qui resteront en protection au-dessus de nous.
Nous découvrons bientôt un passage vers l’ouest dans le massif qui nous sépare de notre but. Il faut grimper une dénivelée de cent mètres.
Nous nous retrouvons à l’abri, progressant aux pieds des deux à-plombs. Nos deux colonnes se protègent mutuellement par une vingtaine de personnels en surveillance permanente et qui resteront en poste, jusqu’à notre retour…
Nous arrivons à un col. Un peu plus bas, devant nous le village… Que dis-je ? Le hameau destination de notre mission, entouré de cinq montagnes dont les deux d’où nous émergeons maintenant.
C’est alors que l’un de nous s’enfuit vers le hameau… Un autre bondit, lui court après, le rattrape et le maîtrise.
Le premier tombe, sans bruit… Le deuxième revient en rampant…
C’était un interprète, mais une taupe également. Le caporal-chef chargé de sa surveillance l’a définitivement réduit au silence…
J’espère que l’ennemi n’a rien remarqué…

16h38 locale - Instant critique

 

Le colonel et le commandant se concertent. Les snipers sont mis en position tout le long de la crête du col à l’abri de préférence de rochers ou autres reliefs… Je me mets à plat ventre aussi et j’observe ce qui se passe… Nos guetteurs ont localisé différentes sentinelles adverses.
Le colonel et le Commandant s’allongent aussi. Une dizaine de nos hommes restent en groupe et se montrent ostensiblement debout…… Leur rôle est de se faire passer pour une escorte venu chercher un
prisonnier et aussi de nous cacher avec leur djellaba… Deux hommes se détachent du groupe et marchent en discutant… J’apprendrai plus tard qu’il s’agit d’un Lieutenant des forces spéciales et d’un interprète et que l’interprète… a le canon du pistolet du lieutenant dans le dos…
Le sol caillouteux est bouillant, mais il faut bien reconnaître que les vêtements amples des Afghans, que nous portons, sont mieux adaptés au climat que nos treillis.
La nature a une odeur particulière, certainement due à la végétation locale… Ce n’est ni la senteur des maquis Corses, ni celle de la Provence, ni l’odeur de Savane du Shaba… Non, c’est encore autre chose. Et ce n’est pas non plus ces odeurs maraichères des jardins alentours de Kaboul… Ce pays aux mille odeurs, aux mille paysages est fascinant… Je me souviendrai de ce que j’ai vu et senti jusqu’à ma mort, je crois…
Une procession de fourmis… J’observe, comme lorsque j’étais enfant… Je suis toujours émerveillé par cette colonne qui progresse comme une armée qui part au front… C’est ainsi que mon imaginaire de gosse voyait ces hyménoptères, à l’organisation sociale très militarisée, qui m’ont peut-être donné le goût de l’aventure humaine collective, celle que j’ai vécue, il y a trente ans, comme celle que je vis actuellement…
Aïe ! Ah les peaux de vaches ! Il y en a qui me piquent… Je m’écarte tout en chassant celles qui sont sur mon bras…
Je reviens à la réalité du lieu… Ce n’est plus mon affaire… Je les ai menés à bon port… On n’a plus qu’à attendre les résultats… Après tout, ce sont d’excellents professionnels…
Je suis bien là, j’y attendrais bien la nuit tranquillement, au moment où la température baisse et où l’odeur de la montagne change avec l’arrivée de l’humidité…
Hélas, ma rêverie s’achève : Quatre personnes émergent des maisons en torchis, au loin… Je retiens ma respiration… Mon cœur s’accélère… Je respire à pleins poumons. Pourvu que… Les moments qui viennent sont critiques…
Je vérifie simplement qu’une balle est engagée dans le canon et que mon cran de sureté est réglé sur « rafale »…
Ils marchent tranquillement et donnent parfaitement le change, mais, on ne sait jamais ? Une trahison, un indice, un cri, pourraient faire basculer ce calme électrique en un sanglant carnage…
Je sais, pour l’avoir vécu, que chacun de nos tireurs, le doigt sur la gâchette, l’œil rivé à sa lunette de tir, le « red-dot » calé sur sa cible humaine est tendu et prêt à cette extrémité que précisément nous souhaitons vraiment éviter…

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10 août 2016

8ème au 11ème jour

GSM1

8ème jour 19h00 (12 avril 2008)
 
Putain ! La journée fut difficile !
 
Blessure légère au bras gauche...
 
Nous étions partis faire la jonction avec l'alliance, accompagnés de nos nouveaux alliés.
 
Des tireurs embusqués nous ont tirés dessus.
 
Heureusement, la balle a effleuré le bras très superficiellement...
 
Mes compagnons ont éliminés nos assaillants.
 
Je continue, le bras bandé, mais sans tenir d'arme...
 
Pas d'évacuation par hélico, sous peine d'être repéré.
 
Depuis le premier jour nous "traçons", sans véhicule, à pieds.
 
Les engins à moteurs nous rendraient vulnérables...
 
Je pense à mes enfants : Je ne leur dirai rien
 
Je pense au nouvel amour de ma vie : Je ne sais pas si elle le restera, après ça...
 
Ici, la solidarité de combat est le sentiment le plus précieux, qui nous mène et nous soutient...
 
J'arrête, j'ai des élancements dans le bras.

 

9ème jour 10h20 - LA REVELATION (13 avril 2008)

 

Intense moment d'émotion que notre jonction avec l'alliance du nord.
 
Révélation (pour moi qui ne me tiens au courant de rien) :
 
Je sais maintenant pourquoi nous sommes en Afghanistan et pourquoi Sarko a renforcé l'effectif...
 
De nos palabres par interprètes interposés, j'ai appris que :
- le sous-sol de l'Afghanistan contient des réserves fabuleuses de gaz, du pétrole, du charbon, quantité de métaux, de l'or et des pierres précieuses…
- les Chinois, encore eux, sont derrière Ben Laden et veulent obtenir en retour du départ des occidentaux, la mainmise sur ces ressources...
 
Je réalise de plus en plus, qu'une alliance entre les intégristes religieux et l'autoritarisme laïc Chinois est de plus en plus envisageable, bien que complètement antinomique, en se désignant un adversaire commun.
 
Les "fous de Dieu", alliés à l'impérialisme Chinois, pour lutter contre l'impérialisme occidental...
 
 
   
  Mon essai "2040, la dernière guerre" est, semble-t-il, de plus en plus prophétique...
 
Nous nous battons pour notre survie énergétique...
 
Mais nos gouvernements emploient-ils la bonne méthode ? La méthode coloniale ?
Je ne pense pas. Mais un militaire doit exécuter.
 
J’ai de la chance de n’être là qu’en qualité de conseiller. Je peux donc dire ce que je pense…
Jusqu’à un certain point…
 

10ème jour 23h30 (14 avril 2008)

 

Le colonel m'a reproché ma « grande gueule »…
 
Je lui ai rétorqué tout de go, que ce n’était pas pour des qualités de courtisan que j’avais été pressenti. Et que mes opinions sur cette guerre, je n’allais pas les changer pour lui faire plaisir… Et qu’enfin, s’il n’était pas content de ma façon de manager, il n’avait qu’à me renvoyer dans mes foyers…
 
Il s’est calmé aussi vite qu’il s’était exprimé…
 
Après tout c’est eux qui sont venus me chercher…
Ils n’ont pas trouvé d’autre con pour accepter…
 
Moralité : Il m’a dit que j’avais carte blanche… Et que ce n’était pas un reproche…
 
Ça m’a mis de mauvaise humeur pour toute la journée…
 
Au lieu d’avoir des compliments que je pensais légitimes… Au lieu de ça… Enfin, bon…
 
Fait chier ! Si je suis venu ici, ce n’est pas pour retrouver les mêmes cons qu’au boulot dans le civil…
Ce soir j’ai bu un petit coup de gnole, histoire de voir la vie en rose…
 
A la vôtre ! Et puis surtout :
A la mienne !
 

11ème jour - 13h30 (15 avril 2008)

 

Et dire que nous sommes à quelque 500 km de la Chine et à environ 600 km du Tibet...
Quel éclat si nous allions faire respecter "les droits de l'homme"...
 
Cela n'arrivera pas... Mais on peut toujours rêver...
 
La chaleur est terrible. J'ai beaucoup de mal à la supporter.
Dans une heure et demie, nous reprenons notre progression.
 
Les hommes malgré l'apathie provoquée par la chaleur, sont quand même sous pression. Ils savent notre mission très risquée; nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes...
 
Je ne me connecterai plus sur internet ni sur l'état-major.
 

Bonne journée, la France. A +

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07 août 2016

4th to 7th Day

GSM1

4th Day 23 : 50 (8 avril 2008)

 

Nous avons continué notre progression.

 
Pour certains cette "balade" est disons, comme initiatique...

La météo n'est pas chaude, ici... Lorsque nous seront envoyés au sud, nous souffrirons beaucoup plus... là-bas il fait en ce moment plus de 40°C, lorsque le soleil est à son Zénith...
Terre de contraste, terre de mystère et de tradition, en proie depuis trente ans à la guerre...
 
Les conditions difficiles de notre progression ont beaucoup fait souffrir les hommes...
 
Je ne les ai pas longtemps accompagnés dans cet exercice, dont j'ai contrôlé l'application.
 
Ces jeunes hommes apprennent vite... Ce sont des troupes d'élite... Je suis très satisfait et leur ai dit ce soir avant la mise en place de nos positions pour la nuit...
 

5ème jour 09h42 locales (9 avril 2008

 
Nous avons revêtu des tenues Américaines…
Au cas où nous serions aperçus...
 
Nous allons tâcher toutefois de ne pas être vus, seule condition de notre survie…

 

5ème jour 22h30 locales (9 avril 2008)

 

Mission secrète. Toute liaison satellitaire interdite et volontairement interrompue. Je ne révèlerais donc ni le trajet, ni les évènements.

Des paysages grandioses…Des Afghans extraordinaires, dont je tâche de faire partager mon admiration et mon respect à ces hommes qui m’accompagnent.

 

6ème jour 10h38 locales (10 avril 2008)

  

Poursuite de cette mission. Beaucoup d’émotion, de prudence, de professionnalisme. Enormément de bonne volonté des unités des officiers et sous-officiers des Forces spéciales à appliquer les principes comportementaux que je suis chargé en tant de commandant adjoint, de leur enseigner.

Souvent je les rappelle à l’ordre : « Nous ne somme pas des chiens fous, mais des caméléons… » !

 

6ème jour 14h30 locales (10 avril 2008)

 

Mission enivrante de progresser à l’insu de tous, sauf de ceux que nous voulons bien sûr rencontrer.

Progression plus lente que par le processus traditionnel de l’Armée Française, mais ô combien inaperçu. Ce qui est bien évidemment le but de toute mission spéciale ou de renseignement.

Nous avons atteint tous les objectifs fixés et nous en éprouvons une très grande fierté.

 

Le seul risque est maintenant, celui inhérent aux ralliements de tribus.

On ne sait jamais s’il y a des taupes et qui elles sont ?

 

6ème jour 22h03 locales (10 avril 2008)

 

Nous traversons des paysages tellement variés, que nous apprécierions beaucoup mieux si nous souffrions moins des conditions de progression et de climat.

Je pense que pour ma part, resteront gravées toutes ces images, ces odeurs, ces aventures, comme des expériences humaines uniques.

Il reste à espérer que nos politiciens ne transforment pas nos actions en désastre colonialiste et diplomatique.

 

7ème jour 19h40 (11 avril 2008)

 

Nous n’avons pas tiré un coup de feu, depuis le début de notre incursion.
Nous sommes dans le Nourestân, une province d’ethnie Uzbek, dans le district de Nouristan.
Nous avons rallié un village à la cause de nos alliés, l’alliance du nord.
Nous sommes appréciés par les habitants, surpris de notre conduite et du fait que nous ne soyons pas Américains.
 
Tous les hommes en Afghanistan sont armés. Ce sont des êtres fiers mais cependant accueillants.
Notre ouverture à leur culture leur a plu d’emblée. Nous avons établi le contact entre les chefs du village avec le commandement de l’alliance du nord. Nous allons organiser une rencontre…
 

Ce sera une première : l’alliance de Tadjiks et d’Uzbeks…

 

Nous sommes bien reçus. Ils ont organisé une fête en notre honneur…
 
Eux aussi ont envie de se débarrasser des Talibans. Mais le parcours sera long…
 
Il a fait plus de 40 degrés à midi. La chaleur est difficile à supporter (dire que jusqu'à présent il avait fait entre 10 et 20 degrés!!!). J’espère qu’il fera moins chaud demain.

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03 août 2016

Mission cachée

GSM1

2nd Day 23 00 (6 avril 2008)

 
Je suis fier de la France : VIVE LA FRANCE !
 
Ce que vous avez fait là, dans les rues de Paris, (Je sais, la liaison satellitaire ne sert pas à ça...), est formidable par le retentissement médiatique que cela aura. Comme toutes les capitales, Paris aura ainsi également stigmatisé le pouvoir tyrannique des dirigeants Chinois.
 
Et cela en dépit :
- du pouvoir SARKOZIEN empressé de lécher les bottes de la puissance économique Chinoise, sans soucis pour les droits de l'homme,
- du CIO et des athlètes olympiques plus préoccupés d'aller faire "mumuse" au JO, pour essayer de ramener des médailles en chocolat, plus soucieux de leur gloriole personnelle, que de la souffrance du peuple Tibétain et des autres minorités opprimées.
 
Tout ce que j'ai vu et entendu ne me donne qu'un seul et unique désir : Je boycotterai les J.O. Je ne les suivrai pas à la TV ou ailleurs. Je ne regarderai pas ces grands égoïstes et vaniteux, parce qu'ils me feraient vomir. Et leur "idéal olympique", s'ils savaient où je me le fous...
 
Je ne savais pas qu'un idéal pouvait être de satisfaire ses fantasmes, en ignorant la souffrance d'un peuple.

 

Un vrai sportif, je veux dire un vrai homme, devrait savoir renoncer à ces lauriers éphémères et dire " NON, je n'irai pas cautionner cette dictature ! "
 
Mais, ce ne sont pas des hommes, juste des "Sportifs", dont le cerveau et le coeur sont probablement atrophiés au détriment des muscles !
 
Nous, ici, on sert la France, parce que notre Autocrate Président élu a décidé que l'on devait lécher le cul de Busch et rentrer dans la niche comme les autres Pays...
 
Alors, j'ai décidé d'aider nos gars à se maintenir en vie...
 
 
 
Soldat Afghan formé par l’armée Française.
Il est armé d’une Kalachnikov
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3rd Day Eleven PM (7 avril 2008)
 
Quelle journée ! Epuisante ! Mais la satisfaction de n'avoir aucune perte, aucun accrochage, aucun repérage par les Talibans !
 
Par contre nous en avons vu. Nous avons repéré certaines de leurs cachettes, mais si peu...
 
Ce qui est remarquable, c'est que mes hommes exultent de devenir plus "poisson dans l'eau", que les poissons dans l'eau...
 
Je sais reconnaitre la gratitude au travers de leur mine de vainqueurs...
 
J'espère leur faire comprendre que le plus important n'est pas de tuer, mais surtout de ne pas se faire tuer et d'avoir en toutes circonstances le contrôle de la situation...
 
De toute façon, cette guerre ne mène à rien.
L'effort de paix, passe tout entier dans des mains corrompues et ici, les citadins sont forts contrariés de ces inégalités et injustices...
 
Les Américains ne sauront se faire aimer... Et plus ils seront détestés, plus ils perdront la guerre...
 
Alors venir dans une guerre perdue d'avance, c'est vraiment pour obéir à un fou dangereux Français, prêt à risquer la peau de ses troupes d'élite pour courtiser un autre fou Américain, qui dans un an ne sera plus au pouvoir et risque même de passer devant une cour d'assise...
 
On survivra Sarko, ne serait-ce que pour voir ta chute à toi aussi !
Parce qu'être gouverné comme cela, je ne l'avais jamais vu avant...
 
Jamais nous n'avions eu un Parano, fasciné par les lambris et la richesse, démantelant la France, la structure sociale des Français et piétinant l'âme du peuple Français...
 
Je ramènerai nos gars, Sarko, pour qu'ils applaudissent à ta chute...
Ils applaudiront, car la "grande muette", ne peut s'exprimer...

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02 août 2016

Mission secrète

GSM1

Jour zéro (3 et 4 avril 2008)
 
Ils m'ont rappelé !
Je vais leur apporter mon expérience...
J'ai dicté mes conditions. J'ai obtenu entière satisfaction. C'était cela ou rien. Je ne vais pas me laisser emmerder par des bleus...
Ils n'ont vraiment plus de compétences à leur disposition pour rappeler des vieux.
Enfin...Je crois que ça va être dur de tout leur apprendre...

L'efficacité silencieuse en dix leçons...
Pour le moment, ce sont des gosses qui ne savent que jouer avec des gadgets électroniques. Il va falloir les transformer en "Rambo"...
Leur inculquer comment regarder, comment écouter, comment sentir, comment deviner, comment attendre, comment se fondre, comment progresser, comment dominer sa peur, comment avoir la hargne, comment bondir, comment vaincre...
 

J'aurai une transmission par satellite à ma disposition.
No problemo !
 
 
Day Number One 14 : 30 (5 avril 2008)
 
Sur une route malaisée, nous nous dirigeons vers Charikar.
Deux fois déjà, il nous a fallu quitter nos véhicules et nous mettre à couvert...
 
Jamais nous ne gagnerons de cette façon, nous sommes trop vulnérables...
 
J'avise un endroit relativement plat, avec seuls, quelques promontoires alentours.
 
Je fais stopper. Je donne l'ordre de disperser les véhicules avec démineurs en avant garde.
Je veux occuper les trois mamelons qui dominent notre site.
 
Réunion des chefs de sections dans un quart d'heure après la mise en place et le contrôle du dispositif.
 
L'antenne est déployée sur le PC mobile. Je laisse un billet, ça me détend. Je vais réfléchir à la façon de présenter mes consignes...
 
 
 
1st Day. 22:00 (5avril 2008)
 
Il est 22h00. Nous sommes parvenu enfin à notre destination.
Mais à ma façon.
 
Ce matin, j'ai écrit le discours que j'ai prononcé, en le lisant, aux hommes rassemblés autour de moi...
 
« Les hommes ! Vous êtes ici dans une guerre perdue ! Vous n'avez donc qu'une seule chose à gagner : Votre vie ! Vous serez amenés à combattre dans ce milieu hostile dans les conditions que nous jugerons les plus propices à une victoire sans perte, ou sans victoire, mais toujours sans perte, dans la mesure du possible. J'interdis à chacun d'entre vous, toute action pouvant mettre en péril sa vie.
Je suis là pour vous apprendre à vous fondre dans le paysage. Je suis là pour vous enseigner les techniques que vous n'avez pas apprises et qui vous font un cruel défaut.
 
 
Vous apprendrez que la première urgence est de sauver votre peau et celle de vos coéquipiers. Vaincre l'ennemi est secondaire.
Avant de vous communiquer quelle va être notre tactique de progression jusqu'à notre première destination, je voudrais savoir si vous avez des questions ? »
 
Une main s'élève et un jeune commando demande :
 
«  Nous sommes venus ici pour nous battre ! Est-ce bien le cas ? ».
 
Je m'attendais à une telle objection...
 
«  Ta question, mon jeune ami, est très pertinente !
Et je vais immédiatement y répondre !
 
Votre devoir unique est de rester en
vie, par tous les moyens compatibles avec l'honneur militaire !
 
Je vous autoriserai à risquer votre vie, si et seulement si le Chef de nos armée, Nicolas Sarkozy envoie ici, en première ligne, en tenue de combat, son fils Jean Sarkozy ».
 
Je reprends mon souffle, puis :
 
« Comme ce n'est pas demain la veille, vous serez tous en mission de survie en milieu opérationnel hostile ! »

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01 août 2016

Mission secrète service spéciaux - Prologue

GSM1Mercredi 2 avril 2008,

Les fauteuils de l’hôtel de Brienne étaient particulièrement confortables. Toutefois je ne me sentais pas à l’aise dans ces lambris, qui recélaient les secrets les plus insondables.

 
Morin alignait les belles phrases, comme autant de guirlandes de Noël que le vent emporte.
Brochand acquiesçait respectueusement à chaque virgule du ministre… J’avais un drôle de sentiment... Avec deux énarques, je ne savais pas si j’allais pouvoir en placer une, ni même ce que j’avais affaire dans cette salle qui ressemblait plus à une alcôve de diplomatie qu’à un état major de service action.
Je n’écoutais guère les propos, tout occupé à détailler le lustre au plafond…
Ils durent s’en apercevoir, car soudain je sentis des regards tournés vers moi, qui m’obligèrent un peu confus, à ramener mon attention vers ces messieurs.
« C’est pourquoi nous avons décidé de faire appel à vous pour cette mission, si toutefois vous l’acceptez ».
Fixant Morin droit dans les yeux, je demandais pourquoi l’état major s’était rappelé de mon existence…
Brochand intervint : « Votre rapport sur l’intrusion invisible en milieu hostile nous a beaucoup intéressé… »
Je lui coupais la parole : « Parce que vous l’avez lu ?  Il remonte quand même à trente ans…»
 
Il bredouilla que lui personnellement ne l’avait pas lu, mais que ses conseillers l’avaient fait et que le type d’action que j’avais décrit était ce qu’ils voulaient mener pour l’opération envisagée…
Il poursuivit : « Cette mission dont le nom de code est "Commando Mattéï", devra prouver à la coalition que les incursions en territoire des tribus fédérées autonomes sont non seulement possible, mais encore, totalement indétectable par les forces ennemies … Avant de vous révéler les objectifs précis, pouvez-vous nous expliquer ce que vous pensez des moyens nécessaires, pour assurer la faisabilité de l’opération ? »
 
Je m’attendais à une semblable question. Il me fallait réfléchir vite pendant ma première phrase… « Vous imaginez bien les difficultés importantes qu’un tel commando va devoir rencontrer pour mener à bien la mission que vous assignerez. Ne connaissant pas les objectifs finaux, je me contenterai de vous parler du processus général et des moyens impliqués ».
Je sentais bien que mon auditoire prêtait une oreille attentive à la suite de mes propos. J’avais maintenant réuni les éléments de ma prise de parole.
 
Je poursuivis donc : « Vous n’êtes pas sans ignorer mes principes de base sur les processus d’infiltration : Pas de véhicule. En cas d’opération aéroporté par hélico, diversion sur le trajet de l’escadrille et en tous cas pas à coté de l’objectif. Il faudra donc parcourir pas mal de chemin à pied. Veuillez prévoir des vêtements de moudjahiddin, une autonomie complète en munitions et nourriture, un équipement en trois exemplaires de communication électronique codé à transmission satellitaire, des radars terrestres, tous moyens de vision de nuit modernes, des interprètes sûrs, des kalach Russes. Il faut des unités entrainées au renseignement. Vous devez avoir les unités aériennes nécessaires prêtes vingt quatre heures sur vingt quatre pour un appui feu éventuel… ».
 
Brochand lève la main et me coupe : « Pas question d’un quelconque soutien en territoire Pakistanais, par contre il est acquis sur le sol Afghan. L’armée n’a pas non plus prévu d’opération héliportée. » . « N’est-ce pas Général ?» Le général acquiesça...
 
Je réfléchis quelques instants avant de reprendre : « Bien ! Alors vous fournirez, des uniformes, armes et équipements Américains, en lieu et place de la dotation habituelle »
Brochand se tourna vers le ministre, puis regarda l’assistance alentour. Chacun opinait du chef… Puis il se retourna vers moi : « Vous avez une question ? ».
 
« J’en ai plus d’une. D’abord pourquoi ne confiez-vous pas cette mission à votre division action ? Ensuite, Que viens-je faire dans votre dispositif ? ».
 
Le général prit la parole : « Cette mission qui a deux objectifs militaires de renseignements est de surcroit, un laboratoire, pour former nos futurs cadres à des opérations analogues…
 
Nous voulons bluffer nos Alliés Américains, en agissant à leur nez et à leur barbe et leur ramener des preuves tangibles de nos compétences afin de leur prouver la nécessité de telles opérations. C’est pourquoi nous composerons le commando Mattéï des meilleurs éléments de différentes unités d’élites. Il comportera uniquement des officiers et sous-officiers, qui formeront la pépinière de nos actions Afghanes. Nous vous proposons d’être le conseiller de ce commando en matière d’"indétectabilité". Aussi, afin de vous assurer l’autorité nécessaire, nous proposons de vous nommer à titre temporaire Commandant adjoint au Commandant de l’opération ».
Le silence qui suivit fut interrompu par Hervé Morin : « On m’a décrit votre caractère comme entier et quelque peu rebelle, mais néanmoins comme un homme consciencieux, un soldat valeureux et qui a des idées. Cela peut nous servir. Mais avec modération… Êtes-vous d’accord ? »…
Je fis mine de réfléchir… Mais mes lèvres me brûlaient de dire oui. Ce que je fis, d’ailleurs.
 
Le Ministre de la défense se leva : « Monsieur le Directeur général de la DGSE, vous verrez les détails d’intendance avec Monsieur ». Il serra les mains puis en serrant la mienne : « Bonne chance Commandant ! »… 
 
Le cœur soudainement léger, j'allais enfin partir pour ma dernière mission...

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